Le temps qu’il faut
Beijing Spring, Andy Cohen et Gaylen Ross, 2020
Paris Calligrammes, Ulrike Ottinger, 2020
Eye of the Storm, Anthony Baxter, 2021
J’ai retrouvé Christian B., Alain Fleischer, 2020
La tentation du réel, Jérôme Laffont et Joachim Thôme, 2020
Le subtil oiseleur, Michel Foucault de Vélasquez à Picasso, Alain Jaubert, 2021
Combien faut-il de temps pour regarder une peinture ? Combien VOUS faut-il de temps pour BIEN regarder une peinture ? Pour moi, cette question probablement stupide est une source infinie d’inquiétudes et de culpabilité. Ai-je consacré assez de temps à une œuvre pour laquelle j’ai voyagé loin ? Méritait-elle davantage ? Et pendant ce temps, étais-je bien concentré, ai-je rentabilisé mon temps, savamment dosé pour laisser quelques minutes aux autres œuvres du même musée ou de la même exposition ? Il y a quelques années, l’historienne de l’art de Harvard Jennifer L. Roberts a intrigué le milieu en racontant un exercice qu’elle a proposé (voire imposé) à ses étudiant.e.s : regarder une peinture pendant trois heures consécutives[1]. L’apparence excessive, bien voulue, de cette durée a déclenché une discussion sur un sujet trop rarement abordé.
Dans un film sur l’art, la question se pose plus nonchalamment, mais aussi plus cruellement encore, car ce n’est plus moi qui ai le contrôle sur le temps qu’on m’accorde pour regarder une œuvre. Pas de contrôle, pas de responsabilité, pas de culpabilité, certes, mais il reste que l’expérience peut parfois être pénible.
Prenons le fascinant Beijing Spring, le film d’ouverture du FIFA de cette
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