Pamela Mackenzie
N° 110 – printemps-été 2015

La déroute du plastique. Les icônes éphémères de Montalti


Le plastique est un maillon important dans un réseau tissé d’intérêts culturels, économiques, environnementaux et politiques. Il joue plusieurs rôles : serviteur, aidant, soutien médical, aide-cuisinier, ouvrier industriel. C’est un matériau omniprésent envers lequel la culture anglo-américaine éprouve toutefois – et c’est le moins qu’on puisse dire – un sentiment d’ambivalence. L’hostilité à l’égard du plastique semble découler, pour une bonne part, de son implication dans la perturbation et l’invasion de l’environnement naturel. S’il est une chose qu’on puisse dire du plastique, c’est qu’il n’est pas naturel, en tout cas si l’on se fie à l’opinion populaire 1. En fait, le plastique est pratiquement synonyme du mot « artificiel », comme le démontre l’usage courant et désobligeant qu’on fait du terme pour décrire quelqu’un de faux ou de trop porté sur le matérialisme. Les composés plastiques prolifèrent indécemment et surgissent dans des lieux de plus en plus embarrassants, et cette présence dérangeante suscite une grande animosité chez ceux et celles qui souhaitent préserver l’état des choses actuel 2. Dans l’idéologie écologique dominante qui se porte à la défense du naturel, l’ennemi culturel commun est ce nouvel adversaire artificiel. Toutefois, si l’on aborde leur caractère naturel et artificiel de manière critique, la distinction entre ces catégories passe de l’évidence à l’incertitude. En effet, plusieurs contradictions et suppositions sous-tendent notre façon de répartir les matières dans l’un ou l’autre de ces groupes.

Maurizio Montalti, artiste néerlandais contemporain, joue ouvertement avec ces catégories et met en lumière les grands défis à


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