André-Louis Paré
N° 109 – hiver 2015

Le diorama : entre fascination, éducation et provocation


Avec ce n⁰ 109, la revue ESPACE, nouvelle génération, accomplit son premier tour de piste. À la suite des deux premières publications ayant pour thématique Re-penser la sculpture ?, cette troisième parution présente un dossier sur le diorama tel qu’il s’expose en art contemporain. Même si, à ses origines, le diorama avait des visées purement spectaculaires, puisqu’il s’agissait de créer par l’illusion une expérience optique, il s’est, au cours des ans, présenté dans une version tridimensionnelle, ce qui lui a permis de trouver, vers la fin du XIXe siècle, une nouvelle vocation du côté des musées, surtout ceux d’histoire naturelle. Ainsi, de pur divertissement qu’il était, à son origine, le diorama pouvait désormais endosser des prétentions à vocation pédagogique.

En présentant des mises en scène théâtralisées, propices à la narration, le diorama s’est aussi retrouvé dans les musées militaires ainsi que dans les institutions religieuses. Certes, les crèches de la nativité font partie du vaste répertoire des dioramas, mais de manière plus muséale, on trouve encore aujourd’hui, au Musée de l’Oratoire Saint-Joseph, à Montréal, une série de dix dioramas reproduisant quelques scènes de la vie de Joseph. Produits par le sculpteur Joseph Guardo (1901-1978), spécialiste de l’art religieux, ces dioramas n’ont pas été restaurés depuis l’année de leur confection en 1955. Le projet d’aménagement de l’Oratoire, prévu pour 2017, fait subsister un doute quant à leur conservation ou leur destruction. Or, comme pour tous les dioramas de ce type, l’ensemble des personnages, faits ici de plâtre, est installé dans un


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