Migrations, frontières et… création
Lorsqu’il est question de migrations humaines, spontanément nous pensons aux personnes qui, de par le monde, sont dans l’obligation de quitter leur pays pour un autre considéré plus sécuritaire. Les raisons de ces migrations forcées sont multiples : politique, économique, ethnique, religieuse, voire de plus en plus climatique. Et même si la plupart de ces migrations existent depuis le développement des États-nations et l’apparition de nouvelles frontières, il nous faut admettre que « notre époque a produit plus de réfugiés, de migrants, de personnes déplacées, d’exilés, qu’il n’y en a jamais eu dans l’histoirei ». Devant l’ampleur de ces déplacements obligés et pour contourner le marché lucratif des passeurs, Catherine Wihtol de Wenden, spécialiste des migrations internationales, plaide pour un droit de migrer, un droit à la mobilité, même si l’hospitalité n’est pas toujours au rendez-vousii.
Dans le domaine artistique, le phénomène migratoire se présente sous divers aspects. Contrairement aux données statistiques, celui-ci se montre sous forme de récits, mais aussi de productions d’objets symbolisant l’expérience exilique. Comme mise en image d’une situation vécue ou fabulée, le cinéma est particulièrement fécond à faire ressentir le drame personnel de ces individus aux destins brisés. Atlantiques (2009), le court métrage de Mati Diop, est remarquable sur ce point. La nuit venue, un jeune homme dakarois raconte à deux amis, près d’un feu et devant la mer, l’échec de sa traverséeiii. Sa triste odyssée n’a rien à voir avec celle d’Ulysse, d’autant qu’avec
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