Jessica Li
N° 106 - hiver 2013

Yam Lau: A World is a Model of the World

Yam Lau: A world is a model of the world
Fonderie Darling, Montréal
6 juin—25 août 2013


Je crois qu’entre les utopies et ces emplacements absolument autres, ces hétérotopies, il y aurait sans doute une sorte d’expérience mixte, mitoyenne, qui serait le miroir. Le miroir, après tout, c’est une utopie, puisque c’est un lieu sans lieu. Dans le miroir, je me vois là où je ne suis pas, dans un espace irréel qui s’ouvre virtuellement derrière la surface, je suis là-bas, là où je ne suis pas, une sorte d’ombre qui me donne à moi-même ma propre visibilité, qui me permet de me regarder là où je suis absent – utopie du miroir.
—Michel Foucault 1

On a déjà prétendu que le travail de Yam Lau n’était qu’un simple exercice de technologie numérique et d’esthétique informatique. Pourtant, sa dernière exposition montréalaise à la Fonderie Darling, intitulée A world is a model of the word, démontrait qu’une pratique artistique contemporaine en médias électroniques pouvait instaurer de nouvelles avenues pour les expressions culturelles et sociales à travers des espaces hybrides tout autant réels que virtuels.

En pénétrant dans la grande salle d’exposition de la Fonderie, on découvrait d’imposantes structures architecturales blanches (des sortes de constructions schématiques ressemblant à des maquettes) qui confrontaient l’espace virtuel exploré dans les vidéos à l’espace physique de la galerie. Lau explique son installation en disant qu’il perçoit « la structure de bois “supportant” la vidéo tel un bateau, une île, tel un pavillon flottant sur l’eau. Je crois également, poursuit-il, que l’énorme espace de la galerie ressemble aux jardins de


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