Partager le temps d’un pow-wow
Dans le regard d’autrui, la présence autochtone à Montréal ne semble parfois se limiter qu’aux aspects négatifs, comme l’itinérance. La vie culturelle autochtone de la métropole témoigne pourtant d’une dynamique bien différente. Déjà, en 2003, l’anthropologue Carole Lévesque soulignait l’importance des activités culturelles qui ont lieu en contexte urbain; ces dernières étant essentielles à la rencontre entre les différentes Premières Nations, mais aussi entre les Autochtones et les non-autochtones. L’urbanité n’est pas à associer avec « l’acculturation ou la dépossession culturelle[1] »; au contraire, c’est un lieu qui peut laisser place à de nouveaux modes d’expression. Dans cette optique, l’un des événements majeurs à Montréal est le pow-wow de la First’s People’s House de l’Université McGill, qui se déroule tous les ans à l’automne. Nous parlerons donc, dans ces lignes, des éditions 2017, 2018 et 2019 de ce pow-wow comme espace de rencontre et de partage.
Le pow-wow contemporain est un événement festif et rassembleur, marqué par un métissage entre danses traditionnelles et contemporaines dont la « structure formelle et certains de ses rites cérémoniels ravivent des formes culturelles amérindiennes immémoriales[2] ». Depuis 10 ans, ces célébrations sont en plein essor, et beaucoup de nouveaux pow-wow se créent dans les communautés autochtones territoriales d’Amérique du Nord. À la période estivale, des membres de toutes les communautés font « la route des pow-wow » : des familles de danseurs se déplacent d’un pow-wow à l’autre, et parcourent ainsi des centaines de kilomètres. Dans nombre de cas, ils rassemblent Autochtones et non-autochtones, mais participent également à la
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