Symposium d’art/nature (entretien avec André Lapointe)
Vous organisez, depuis l’an 2000 je crois, un événement art/nature, à Moncton, au Nouveau-Brunswick. Pouvez-vous nous en retracer l’historique et en préciser la teneur ?
André Lapointe : Un symposium sur le thème Attention, le mascaret ne siffle pas s’est tenu en 1999 en marge du sommet de la Francophonie. Ce fut le premier événement d’art actuel francophone de calibre international en Atlantique. Il s’étendait du campus de l’Université de Moncton vers le centre culturel Aberdeen, puis s’ouvrait sur le centre-ville et s’étalait le long du sentier pédestre de la rivière Petitcodiac.
Le mascaret est un phénomène naturel causé par les marées géantes de la baie de Fundy. Un balancement que l’on nomme la seiche et qui consiste en un flux et reflux dans la rivière sur une période de treize heures. 100 kilomètres cubes d’eau sont déplacés deux fois par jour, l’équivalent de l’eau déversée en une journée dans toutes les rivières du monde. Jusqu’à tout récemment et depuis les années soixante, cette longue vague déferlante de 21 kilomètres venait s’écraser sur un pont chaussé 1. La hauteur du mascaret est passée de 120 centimètres en 1968 à 5 centimètres.
Ce désastre écologique a été au centre d’à peu près toutes les oeuvres du premier symposium. D’autant que plusieurs artistes étaient installés le long du sentier pédestre de la Petitcodiac en plein coeur de Moncton, ce qui incitait à intégrer le phénomène naturel du mascaret dans leur production artistique. Ainsi, une quarantaine d’artistes de
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